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19 mai 2013, 22:19
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saga africa, ambiance de la brousse, saga africa, attention les secousses.

mardi 19.06.12 - 13h57

auteur : jerome rayssiguier - castres

Tandis que les Parisiens les plus motivés allaient tortiller du croupion sur Saga Africa en buvant du Crémant d’Alsace directement au goulot (le champagne, c’est juste bon pour les jeunes UMP), ma conscience politique et moi-même nous contentions d’un verre de Badoit devant l’annonce des résultats du 1er tour des législatives à la télévision. Oui je sais, ma vie n’est pas très palpitante. Pour sûr..., si j’avais pu, j’aurais moi aussi tenté de hisser mon gras en haut d’un panneau de signalisation pour surplomber la foule, peut-être même aurais-je revêtu mes plus beaux nippies en forme de roses rouges pour hurler « On a gagné les legislatives ! », avant d’éructer mon mousseux en brandissant un drapeau tricolore ou rouge vif au choix. Mais tout le monde ne vit pas dans la grande ville, encore moins dans la capitale. Certains habitent même dans des bourgs de moins de 500 électeurs qui donnent 7 voix au NPA et qui ne sont même pas pourvus d’une place publique pour que la populace puisse se rassembler et fêter un tel évènement. Et j’ajouterais même que certains vivent dans des bourgs où l’on se réjouit tellement peu de la victoire de la gauche qu’un soir de résultats d’élections, il est plus sage de rester calfeutré chez soi plutôt que de risquer un coup de chevrotine en voulant scander sa joie sur la voie publique.

Faisant partie de ces gens-là, privés de beuverie en plein air et de slogans écrits au marqueur sur les joues, j’ai donc dû me contenter d’une soirée électorale en tête à tête avec moi-même. Enfin, pas exactement, la technologie ayant cela de merveilleux qu’elle permet désormais de réunir les gens même s’ils ont individuellement le cul vissé à leur canapé, à des centaines de kilomètres de distance. Grâce à la magie d’internet, j’ai donc pu me réjouir de la possibilité de célébrer cette victoire avec mes amis sur ce fabuleux réseau social qu’est Facebook. Un réseau où tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil. Mais où l’on découvre que, tels loup-garou qui se métamorphose bien malgré lui à l’arrivée de la pleine lune, certains utilisateurs mutent au contact de résultats électoraux. Un nouveau mystère à ajouter à la liste des nombreuses énigmes auxquelles je m’intéresse, entre le secret de la mousse de lait des Kinder Pingui et l’immunité au processus de vieillissement de Ralph Maccio.

Pour résumer, avant, sur Facebook, j’avais des amis. « Amis » étant alors un bien grand mot, je vous l’accorde. Disons donc que j’avais un réseau de gens plutôt cool et détendus du slip, et que la vie s’organisait sereinement autour des traditionnelles photos d’enfants moches (dont je n’explique hélas pas la recrudescence de ces derniers temps), de vannes drôles, de vannes moins drôles, d’annonces de concert,de photos de trotsky) et autres joyeusetés. Et puis ce soir-là, mon fil d’actualité a subitement et complètement muté, pour devenir, par un étrange phénomène, une sorte de condensé de haine, d’amertume et de mauvaise foi. Face à ce phénomène encore plus captivant que celui du résidu de sachet de thé qui s’envole quand on l’enflamme, j’ai donc procédé à ce qui me semblait alors le plus sage et le plus satisfaisant : mettre mon pyjama en pilou pilou , me faire du pop-corn et assister avec fascination à ce spectacle mêlant mutations subites, ruptures amicales en direct live, coming-out massifs et autres évènements plus époustouflants encore qu’un coup de kiki dans une piscine lors d’une émission de télé-réalité.

En résumé, une soirée électorale sur Facebook, ça ressemble à quoi ? Eh bien disons que c’est un peu comme une fête dans le village d’Astérix : tout le monde est ami, tout le monde est content et puis d’un coup d’un seul, tout le monde décide de se mettre sur la gueule. Un festin gaulois parmi lesquels certains invités se révèlent pas si irréductibles que ça et où apparaissent des personnages aussi inattendus qu’incongrus, qui ajoutent du piment et de la rigolade à ce tableau mi-drôle mi-inquiétant. Alors en tant qu'électeur de gauche je fais mon coming out : je voterai philippe folliot car il est droit, intègre et s'occupe trés bien de ma petite circonscription. . Quand aux sirènes des chars russes staliniens , elles passeront pas l'hiver.

 


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