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23 mai 2012, 05:23
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Elections européennes

Usurpation d'identité: la nausée d'une prof d'allemand

jeudi 24.02.11 - 19h43

auteur : Sabine Aussenac - Auch

Franchement, je ne sais plus.

A sept ans, j'ai raté 68.
Pire, je n'en garde aucun souvenir, planquée que j'étais dans une douce école de la République du Tarn.

A quinze ans, découvrant Kerouac, Rimbaud et James Dean, j'ai décidé que je serais à gauche-surtout parce que j'en avais marre de coller les affiches et les enveloppes que mon conseiller général RPR de père m'obligeait à assimiler de façon subliminale...

A dix-neuf ans, par ennui et par dépit, j'ai épousé un cheminot cégétiste: nous nous crépions le chignon, je défendais déjà la non-violence et Gandhi, me rêvais post beatnik, lui criait " union-action, avec la CGT!".
Pêle-mêle, j'ai ensuite milité à la LCR et chez Arlette, allant jusqu'à prendre, un soir de folie, ma carte au PCF, le lendemain du premier gros score de JMLP. J'en avais, du mérite, à l'époque: je peux vous dire que les dirigeants de ces groupuscules étaient moins glamour que nos actuels facteurs...Oui, les réunions étaient poussiéreuses et mortifères...

J'ai aussi fait partie de la première liste "verte" des Municipales de Toulouse. Face au clan Baudis, à l'époque enfieffé dans la ville rose, nous ne fîmes pas le poids. Je me souviens avoir remboursé la campagne, sous les quolibets de mon ex-mari et de ses camarades cégétistes...

A la fac du Mirail, le monde s'est arrêté en 75. Aujourd'hui encore, ce sont les mêmes barbus un peu crassoux qui m'arrêtent, quand par hasard je tente de repasser une agrégation, et qui me demandent: "Tu connais l'UNEF?"

Et puis la petite étudiante à lunettes devint prof.
Des années d'affiches du SNES plus tard, épuisée par le militantisme de pacotille et les revendications franchouillardes et frileuses de mes collègues, de tous ces enseignants vivotant dans un hors-monde de privilèges et d'inaction, je glissais imperceptiblement à droite.

Un jour, je votai Chirac. Pire, je suis allée l'applaudir, dans une salle des fêtes aux allures de stade de France, au coeur de l'Auvergne-j'avoue que VGE m'avait toujours laissée indifférente-, et les frissons ressentis à l'écoute de la Marseillaise -je concède aussi être allée m'assoir au rang des VIP, avec mon sésame "Sabine Aussenac, fille de conseiller général..."-m'ont convaincue: j'étais à droite.

Pas la droite des pourris, pas la droite des compromissions FN, non, la belle droite, celle des intelligences, des réflexions. Bien sûr, toute une partie de moi continuait à chanter l'Internationale et à vouer un culte à Rosa Luxemburg-déjà à la fac, on me nommait "die rote Rosa", mais j'avais grandi. Un proverbe ne dit-il pas qu'on est fou si l'on n'est pas de gauche à vingt ans, mais fou encore si on le reste à trente?

En gros, je crois que je symbolisais le parfait cliché: le coeur à gauche, et la raison à droite.

Bien sûr que j'ai voté Sarko. N'en déplaise à tous mes amis, bien évidemment de gauche. Mon Président, je le trouvais intelligent, brillant et offensif. J'aimais son idée de rassembler les forces vives, de débaucher des éléphants. Ma fracture politique intérieure battait l'amble du rassemblement de la Nation.( Et puis Ségo, la Dame Blanche,excusez-moi, mais je la trouvais tarte.) Enfin, un vrai problème personnel, dont je me relève à peine, n'a pu être réglé que par divers appuis, écoutes, conseils, et je demeure persuadée qu' ELLE y est pour beaucoup. Parce que je n'ai pas honte de dire que quelqu'un a dit à quelqu'un d'autre de m'écouter...

Bon. Bien sûr, du fin fond de ma belle province, avec mon âge canonique, même si je pensais un jour pouvoir prendre la relève de Guaino et écrire les discours à la place du scribe du Calife, j'ai déchanté. La permanence de l'UMP locale ressemble à un squat, tant elle est vétuste. Mon militantisme UMP s'est contenté d'une galette des rois toulousaine où la moyenne d'âge frisait les soixante-dix ans. Et puis j'ai trouvé que not' Président faisait pas mal de bêtises. Voire même que j'allais peut-être repasser à gauche.

Parce que somme toute, la déception n'est pas réservée à cette dernière, et, s'il existe des déçus du socialisme, pourquoi ne pourrais-je pas me revendiquer comme une déçue de la droite? Entre les expulsions arbitraires et les suppressions de postes, entre les fermetures de maternités et les dérapages de nos ministres, entre les compromissions et les bavures, flûte, je ne sais plus sur quel bulletin danser.

Et puis je me disais que maintenant que mes soucis de vie sont enfin réglés, je pourrais me lancer enfin en politique, militer en my little town, faire bouger les Gersois en dehors du nomansland culturel et du triangle des Bermudes Rugby-Tariquet-Cirque (ne me demandez pas pourquoi, mais la principale activité de ma ville est axée autour du CIRQUE...) Hélas, je suppose que je suis grillée; monsieur le Maire n'a JAMAIS répondu à mes demandes de rendez-vous, alors que franchement, que ce soit au niveau des investissements culturels ou économiques, voire même architecturaux, j'aurais des idées pour extirper Auch de l'immobilisme-oui, ma Gascogne s'est arrêtée à Henri IV. Mais bon. Monsieur le Maire ne sait pas, par exemple, que j'ai eu un échange de mails persos avec le big boss de super U, Serge Papin, que j'ai contacté un jour de rage, voyant que le centre ville ne comportait plus aucun commerce de proximité. Mais bon.

Il faudrait donc pour prétendre à une place au soleil politique local prendre une carte au PS...

Hors, là, voyez-vous, je ne sais pas si je pourrai-s: car il est HORS DE QUESTION que je me mette à militer dans un parti qui ose, rassuré par nos libertés démocratiques, comparer notre Président à Hitler. Et c'est bien ce qui se passe sur cette affiche:
***
voir image postée...
***
Souvent, déjà, j'ai arraché des tracts de nos salles des profs. J'ai osé, entre deux récrés, quand personne ne regardait, enlever des papiers outranciers, des bavures démocratiques, qui encombraient nos tableaux d'expression de toutes sortes d'insultes envers nos gouvernants. Eussé-je été encore "de gauche", j'aurais fait la même chose: je ne supporte pas les outrages à dirigeants. Je trouve que lorsque l'on a la chance de vivre en démocratie, on doit laisser la part belle à l'alternance et au respect. Nos jeunes ne sont pas obligés de courir sous des tirs à balles réelles ou sous des bombardements pour changer de gouvernement, que je sache...

Et puis je suis d'origine allemande, et j'ai travaillé sur la poésie de la Shoah.

Alors j'ose dire publiquement, quitte à me griller définitivement sur la carte politique, que cette affiche des Jeunes Socialistes est une insulte gravissime à l'ordre public, à Monsieur le Président de la République et aux millions de morts et victimes de la barbarie nazie.

La Shoah et le nazisme ne sont pas des non événements.Ce n'est pas la première fois que je lis ou vois de tels amalgames, et, lors des présidentielles de 2007, nombre de mes collègues, justement, osaient de tels parallèles.

J'en ai la nausée. Non, Nicolas Sarkozy n'est PAS Adolf Hitler.

Quelles que soient nos idées politiques, ayons la décence de les exprimer dans la dignité, dans le respect de l'Histoire et de notre nation. J'ai honte pour ces jeunes, qui ont oublié le sens de l'Histoire. J'ai honte pour les publicitaires, qui ont laissé ces vomissures s'afficher. Et j'ai honte quand la France perd la tête, et ne sait plus ce que signifie le mot RESPECT.

Sabine Aussenac, en recherche de parti.

 


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les réactions des internautes à cet article

25 février 2011, 08:38 • Rossignol • larroque sur l'osse
Oui Madame, vous avez parfaitement raison. Je suis aussi choqué que vous et surement comme d'autres, de l'irrespect envers le Président de la République. Évidemment vous comme moi, avons eu à l'école des cours d'instruction civique qui nous apprenaient le fonctionnement de la République, donc le respect du Chef de l'État. Quand je lis sur des blogs les qualificatifs envers le Président Nicolas Sarkozy ( Sarko, le nain et j'en passe ) même des fois dans les médias, télévision : cela me choque. Même si je ne ne suis pas de couleur rose, j'ai toujours respecté les hommes d'autres parties. A l'école on nous appris à dire "Bonjour" qu'en est-il aujourd'hui ? Faut pas s'étonner de l'incorrection de certains jeunes et moins jeunes et de leur vocabulaire vis à vis de notre Président. Bien à vous. Rossignol
25 février 2011, 09:53 • lecteur31 • st silpice sur leze
Le débalage impudique de ces errements n'a pas à mon avis la place dans ce forum...On peut néanmoins espérer que nos concitoyens ont un parcours moins cahotique et plus cohérent que cette personne...Quant'à cette affiche il faut reconnaitre qu'elle est grotesque et maladroite..mème sil'on constate des attitudes et des comportements semblables de notre président avec entre autre Napoléon 1er: mégalomanie, irritations imprévisbles , controle et prise de décisions personnelles dans tous les domaines etc ,etc...Je pense néanmoins notre avenir ne nous fera pas revivre les horreurs vécues par nos prédécesseurs...
25 février 2011, 13:56 • Gwionix • Albi
Et bien dites donc ! À moins de vous faire passer pour une girouette qui se dirige incongrûment suivant la rose des vents, vous en avez mis du temps, quarante sept années a comprendre. A comprendre quoi ? Ben rien, convenez-en ! Puisque vous persistez encore à rechercher ce que vous ne trouverez jamais, l’intelligence en l’espèce humaine. Depuis le temps, si vous n’avez pas pu trouver une stabilité politique, vous auriez du au moins en trouver une différente dans vos idées et ne plus avoir confiance en cet ordre politique représenté par les partis. En ce qui concerne 1968, croyez moi, vous n’avez rien perdu. Heureusement que vous n’aviez que sept années au moment où les pavés de l’espoir sont devenus la guimauve du libéralisme. Examinez tous les guignols de cette période et méditez sur ce qu’ils sont devenus. Je les ai vu à la Sorbonne. A ce moment là, j’avais trente trois ans et je perfectionnais mon savoir en université à Paris. J’ai même récupéré un pavé en souvenir du soir où ça a ‘bardé’ le plus, sur lequel y est écrit une date à la peinture rouge : mon fils est né le 25 mai 1968. La politique ‘politicienne’ ne devrait pas se retrouver dans votre idéal que je considère comme étant sincère mais décousu. L’idéal c’est aussi le concret en vie sur le terrain, en vie de tous les jours de l’humain. Si vous avez du fric plein les poches, vous penchez vers ceux qui en ont, si vous n’en avez pas, vous luttez pour défendre votre beefsteak. Vous faites vos choix selon vos conditions de vie et encore, certains ont la connerie de faire leur choix du côté qui leur est défavorable. Vous dites ; « …j'ai honte quand la France perd la tête, et ne sait plus ce que signifie le mot RESPECT... » Mois aussi, Sabine. Je suis triste que tout notre Monde pers la tête, il n’y a pas qu’en France. Mais ce n’est pas un parti qu’il faut que vous recherchiez. Je n’appartiens à aucun d’eux mais j’ai trouvé un idéal qui me permet d’essayer d’être digne et honnête en plus d’aider mon prochain qui ne me le rend pour ainsi dire jamais. Mais je m’en moque. J’avais cinq ans lorsque ma maison a été brûlée par les nazis dans ma province où des parachutistes, des SAS français avaient sauté. L’un d’entre eux, avait donné à l’un des miens résistant FTP, partisan communiste, une prière sur laquelle était écrit ; « Mon Dieu, donnez moi ce que les autres ne veulent pas car vous devez avoir fort à faire pour leur donner ce qu’ils souhaitent avoir de vous. ». Je ne sais pas si Jésus le fils de Dieu s’est sacrifié pour nous sur la terre des hommes, mais même dans le doute, je lui dois le respect. J’ai fait une guerre et avec mes pairs, nous n’avons jamais abandonné survivants, blessés ou morts. C’était une règle d’honneur mais aussi d’éducation et de vie. Vous avez raison d’encore vous battre, mais vous n’avez pas encore trouvé pourquoi et c’est difficile ! On vous a trop souvent trompé, peut-être ?
25 février 2011, 13:56 • aleluis • montauban
Ne cherchez plus! Il y a (beaucoup ) de place chez les objecteurs de croissance, les seuls gens réalistes dans cet âge de toujours plus et de la croissance infinie.
27 février 2011, 09:04 • BIEHLMANN • carcassonne
bravo madame pour cette franchise ... il y a des limites dans la bétise
27 février 2011, 11:33 • Allecto • Albi
Rossignol, vous êtes particulièrement 'gonflé d'écrire ceci : "Faut pas s'étonner de l'incorrection de certains jeunes et moins jeunes et de leur vocabulaire vis à vis de notre Président." N'est-ce pas 'votre' président qui, un certain jour à déclamé ceci : "Casses toi pov con..." ? Il devait certainement ce jour là donner un bon exemple d'éducation et de vocabulaire à certains jeunes. Pas vrai Teddy ?
28 février 2011, 12:16 • Gwionix • Albi
"... J’avais cinq ans lorsque ma maison a été brûlée par les nazis...". Non. Je ne sais pas à quoi je pensais lorsque j'ai écrit ce Post. La maison a été brûlée le 12 juin 1944, j'étais alors dans ma 10è année.
16 mars 2011, 21:46 • Georges VICTOR • Albi
Mure pour la "vague bleu Marine" ?

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