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23 mai 2012, 04:35
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Votre vie

Mes mauvaises résolutions...Ensemble, nous serons!

lundi 30.08.10 - 10h45

auteur : Sabine Aussenac - Auch

Mes mauvaises résolutions…
En premier lieu, le ménage. Il est temps, puisque j’approche du quart de siècle, que mes gènes teutons fassent enfin leur digne coming out : désormais, l’appartement dans son ensemble devra briller comme une suite de palace.
Ce sera le Grand Jeu ou rien ; soupçons de poussières traqués in utero, petits savons dits « d’invités » dans des coupelles art déco, et même la gamelle du chat sera nettoyée régulièrement (avec une éponge réservée à cet effet, natürlich !)
A propos du chat, deux mois de solitude absolue, propices à la méditation et aux illuminations existentielles, m’ont apporté la clef, le chaînon manquant à notre cohabitation : bon sang mais c’est bien sûr…Un bac se nettoie tous les jours-un peu comme on tire la chasse, in fact. Bon, soyons explicites : un bac, ce n’est rien plus que les fameuses « toilettes sèches » chères à nos écolos. Et au vu des odeurs, je leur en laisse volontiers le concept, qu’ils s’en dépatouillent, avec ou sans Eva Joly. Ma sensibilité verte se limite à l’emploi du vinaigre blanc en lieu et place de javel.
L’appartement, ainsi, ressemblera définitivement à ces endroits cosy qui semblent gérés exclusivement par les sept nains, ou, à défaut, par trois générations de portugaises maniaques. –une pensée émue pour Dina, la seule femme de ménage que j’ai employée dans ma courte vie et qui, mélancoliquement, dans notre exil commun en plaines de Belgique, me murmurait :
- Ah, Madame Chabine, la jabel, moi, ché braiment moun parfoum préféréch…
En fait, l’idée de base, c’est de rentrer après le trabail-oups, pardon, je reprends mon accent- le travail, donc, et d’avoir l’impression de revenir dans la délicieuse chambre d’hôte si chaleureusement conseillée par les guides…Oui, si vous suivez mon raisonnement, c’est tout bénef :
Premièrement, vous économisez la femme de ménage ET la salle de gym –les escaliers du duplex patinés à la cire d’abeille, je vous jure, ça vaut deux heures de step- et vous vous refaites une sangle tout en gardant les chèques emploi service pour, je ne sais pas, un petit jardinier polonais ? Deuxièmement, vous économisez le dit WE en Relais et Châteaux, puisque l’hôte, c’est vous…

Ensuite, le sport, justement. Cette année, je serai ferme. Je n’irai PAS à la Fête du sport de my little town, pour arpenter, hagarde, sous le soleil de plomb de l’été indien, une prairie desséchée où de gros gaillards s’agiteront dans tous les sens pour tenter de nous persuader, mon fiston et moi, de venir nous adonner à quelque sport à l’année…
Bon, je vous l’accorde, une telle demi journée permet une transition visuelle agréable entre la plage et le bureau ; c’est vrai, ça et là, entre deux corps déformés par l’abus d’Armagnac et de foie gras, il reste la possibilité d’apercevoir quelque Adonis local.
Mais sinon, à quoi bon aller regarder les quinquas bedonnants du Club des Joyeux Randonneurs de Gascogne, ou les mini Pina Bausch en herbe frétillant dans leurs tutus ? Il est clair que j’ai passé « l’âge heureux » depuis longtemps et pas encore atteint celui de Compostelle…Non, non, non non-à chanter sur l’air de Camélia Jordana-, je n’irai pas à la Fête du Sport.
Bon, ce n’est pas une raison pour racheter immédiatement du Nutella ! Je dois garder en mémoire ces heures estivales où je bravais courageusement la canicule pour arpenter les bords du Gers, en me persuadant qu’ils ressemblaient aux allées de Central Park… En plus, même en sachant que je croiserai tout au plus deux ou trois retraités gersois, je m’habillais über trendy pour mon footing, et je jure, je jure comme Scarlett devant Tara en flammes que je n’aurai plus jamais de ventre.
Mais à mon rythme.
Le régime et la gym, c’est si je veux, quand je veux. Cette année, donc, j’irai au marché. Parfaitement, et je n’en ai pas honte. Je préfère me priver d’acheter mon Cosmo ou mon Marie-Claire pour offrir à fiston de vrais repas colorés. Enfin, disons que ce serait une sorte de protocole, voilà. C’est comme pour l’appart, je veux avoir l’impression de déjeuner dans le restaurant quatre étoiles de la luxueuse clinique suisse. –chut, ne dites rien ; mais moi, je me fais mes auto injections de Nutella, ça remplace complètement le Botox.
Quant aux protocoles, tout le monde sait qu’ils sont modifiables…Alors, si un soir je renonce à la petite salade de crabe au pamplemousse et que je nous commande la super Quatro d’en bas- un plaisir des yeux rien qu’en la cherchant, tant le sourire du pizzaiolo est craquant…- j’aurai juste une délicieuse impression de vacances, là aussi…Vous me suivez ? L’idée, c’est à la fois ce lâcher prise permanent ET cette ligne de conduite pérenne. Oui, il est là, le secret des bonnes résolutions. Un petit équilibre entre notre force et nos faiblesses ; le corps est le temple de l’âme, disait mon Saint préféré, Paul. Et l’âme doit se sentir libre, elle aussi…

Enfin, les liens sociaux. Hyper importants, les liens sociaux. Ben moi, fastoche : ma rentrée sociale, j’me la fais sur Facebook. J’ai commencé fort, là, lançant une page demandant à tous les volontaires de remplacer la photo de leur profil par celle de la belle Sakineh…Chouette, c’est le double effet Kiss Cool, ce petit geste civique va m’éviter de perdre une journée de salaire dès le 7 septembre, puisque on ne peut pas être sur tous les fronts, n’est-ce-pas ? Et puis franchement, perdre ma crédibilité d’enseignante en séchant mes cours dès la rentrée, non, c’est mission impossible.
Mais je promets aussi que je vais retourner dans la vraie vie. Finies, les nuits passées à parler de René Char avec des jeunes poètes, aussi talentueux soient-ils ; terminées, les journées où je scrutais mon écran toutes les dix minutes pour intervenir dans ce petit groupe d’intellos parisiens décalés. Je serai sage ; je vais me contenter du réel, m’intégrer dans le paysage rural et profiter de mon exil pour revenir à de vraies valeurs. Tiens, si je me remettais au tissage, comme avec mon premier mari, le baba cool ?
Ce que je ne ferai plus, en vrac :
- Corriger mes copies devant Grey’s Anatomie, c’est trop dur, je suis trop tentée de saquer quand ça rame entre Derek et Meredith ; idem pour Medium, je suis tellement guimauve quand je vois vivre la VRAIE famille D’Alison Dubois que je mets des 20 à tout le monde…
- Tricher dans le train et dire « Oh, j’ai oublié mon abonnement travail ». A 50 ans, je dois absolument me convaincre de cesser ce petit frisson de l’interdit.
- Rempiler sur Meetic. Même si je me fais, seule, de délicieuses soirées « L’amour est dans le pré », tellement je suis morte de rire devant les visages et les mots. Ou plutôt devant l’absence de mots et la multiplicité des visages…

Ce que je vais tenter de faire, en vrac aussi :

- Décider dans quel parti politique j’ai envie de m’engager, parce qu’il y a le feu au lac, 2012 approchant à grand pas.
- Lire vraiment mes classiques au lieu de me dire que je le ferai à la retraite, parce que là, comme c’est parti, quand on arrivera à la retraite, on aura du mal à distinguer Julien Sorel de Raskolnikov, avec ou sans nos progressifs.
- Ne pas passer tous mes WE enfermée, sous prétexte que je n’ai pas un sou en poche, ni le permis. Optimiser ce site de Couch Surfing sur lequel je me suis récemment inscrite, aussitôt harcelée par dix célibataires de villes de mon propre département voulant venir visiter la Gascogne ; aller voir les fiches des Finlandais, plutôt. Ou des Ibères, c’est plus près (et puis je ramènerai du Moscatel et du Touron-très bien, aussi, pour les injections, le Touron.)

En fait, cette rentrée, et nos bonnes résolutions, je voudrais les vivre comme un discours de notre Ségolène, droite dans ma robe de bure blanche, lumineuse et habitée par la grâce : « Ensemble, nous serons ! Ensemble, nous agirons ! Ensemble, nous vaincrons !» -je sais pas vous, mais moi je suis persuadée qu’Henri Gaino est un traitre à son camp et lui a écrit ce discours là…

Oui, ensemble, c’est tout.

Sabine Aussenac.

www.sabineaussenac.com

 


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les réactions des internautes à cet article

03 septembre 2010, 05:56 • 47victor • castanet
quel âge as-tu? un quart de siècle ou 50 ans? c'est différent.
03 septembre 2010, 13:14 • mourlon • toulouse
Le salaire net : 18 659,71 euros net par mois dont 14 577,77 euros pour la rémunération de base plus une indemnité de fonction de 4 081,94 euros. Ces deux rémunérations sont cumulables avec des indemnités de mandats locaux. Elles sont toutefois plafonnées à 1,5 fois le traitement ministériel. Avantages : En plus de son salaire, le Premier ministre touche une indemnité dite de représentation qui prend en charge les frais de restauration, de téléphonie, ou des vêtements. Le Premier ministre bénéficie d’un logement de fonction à Matignon, il a également à sa disposition plusieurs voitures de fonction avec chauffeur en plus d’un accès gratuit à tous les transports du réseau SNCF en première classe ainsi qu’aux transports aériens. Les factures téléphoniques ainsi que les frais pour le courrier sont également pris en charge. Notez que comme le président de la République, le Premier ministre a plusieurs résidences secondaires. A savoir : Le Premier ministre peut continuer à toucher son traitement pendant 6 mois après avoir quitté Matignon s’il ne retrouve pas d’emploi.

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