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Nationalité : lettre ouverte au Président Sarkozy
jeudi 12.08.10 - 11h17
Monsieur le Président
Je vous ai entendu parler, du côté de Grenoble, du sort que vous pensez réserver, dans certains cas de figure, à la nationalité française de ceux, qui comme moi, l’avons obtenue au prix de bien de difficultés.
Après avoir, à vingt ans, affronté à pied la traversée des Pyrénées et commencé à travailler le lendemain, sans avoir coûté un centime à la France : en éducation, en formation, sans compter les prestations d’allocations familiales et frais de santé inhérentes à l’enfance et à l’adolescence. Comme des kits corvéables à fonctionnalité immédiate, moyennant la rédaction d’un simple récépissé d’autorisation de séjour et de travail.
Quelques années après, à notre demande, l’octroi de la nationalité française venait conforter l’impression d’appartenance à une nouvelle famille. Un peu comme doivent ressentir beaucoup d’enfants, aujourd’hui, dans les familles recomposées. Mais, à vous entendre, ce n’était peut-être qu’une illusion.
Admettons, Monsieur le Président, une hypothèse, pas si aléatoire que cela, que je sois le seul témoin d’une scène macabre, où deux ou trois policiers tabassent ou traînent sur le pavé, une jeune femme avec son enfant accroché au dos, d’une manière humiliante, comme on l’a vue médiatisée il y a quelques jours, ou quelqu’un d’autre. Comme je suis moralement constitué, mon sang ne fais qu’un tour en face d’un abus de pouvoir par la violence et j’essaye d’intervenir, pour venir en aide à la victime, mais malencontreusement, dans le feu de l’action, j’envois un des agents à l’hôpital. Vous savez, dans une bagarre de ce genre, tant de choses peuvent se passer !… d’un côté comme de l’autre, y compris un dernier passage sur une civière, devant le médecin légiste agrée par vos services.
En tout cas, me voilà dans une situation bien embarrassante : C'est-à-dire, la parole de vos agents contre la mienne. Et votre conviction personnelle vous dira que mon témoignage n’a aucun intérêt, il est même nul, voire non avenu, puisque selon les critères que vous avancez, l’ordre de la République a été bafouée par mon intervention. La seule posture qui, aux yeux de beaucoup de quelques compatriotes, m’aurait conforté dans ma citoyenneté, serait celle de l’autruche, en enfonçant ma tête jusqu’au cou, dans le sable, pour ne rien voir ni rien entendre.
Parfois je me demande si une simple dénonciation ou témoignage contre l’ordre soit disant public, ne constitue pas une offense de lèse majesté, passible d’embastillement ? Vous devriez demander aux gens du peuple. Ce à quoi vous me répondriez :
---Savez- vous ce que les gens du peuple me disent ? Eh bien je vais vous le dire : Les gens en ont marre de subir le coup économique, agrémenté d’agressions comme cerise sur le gâteau, de petits groupes à mentalité non intégrée qui refusent les lois de notre République.
Je pourrais vous rappeler alors que vous entrez dans les problèmes de société, et ceux là, c’est aussi votre affaire. En sachant que toute Nation est composée de communautés disparates, dont les liens parfois si ténus, semblent au bord de la rupture permanente. Et pourtant, quand une véritable crise grave s’enclenche, que la communauté nationale est en jeu, du fait d’une invasion militaire par exemple, tout le monde se trouve sur le pont sauf… sauf quelques lâches, toujours prêts à suivre le plus fort, quel qu’il soit, et puis d’autres qui prendront leurs voiles vers des paradis fiscaux bien approvisionnés.
Mais, préférant me cantonner dans un autre aspect de la société que sont les cas individuels et leur traitement, je viens de me rappeler qu’une atteinte grave à un policier a été commise et que c’en est moi l’auteur. Combien d’hérétiques ont brûlé sur les bûchers pour bien moins que cela !
Alors que je ne suis qu’un français de papier, comme dirait la vice présidente du Front National ; Alors que je ne suis pas un français de souche, comme dirait un ancien ministre à l’occasion de la succession du Président de la HALDE ; Bref, un français de dernier rang, type camelote (made in Taiwan) puisque ‘ d’origine étrangère’ selon votre propre expression.
Ma question, Monsieur le Président, est la suivante :
Que préconisez vous de conseiller au magistrat instructeur de mon affaire, si le cas se médiatise et se politise ? Que direz vous devant les cameras de télévision, quand vous viendrez sur les lieux du crime, soutenir les forces de l’ordre, à part annoncer une énième ‘guerre’ contre les ennemis de l’Ordre Public ?
Suivant votre raisonnement, je crois être certain de la suite du film me concernant : Prison pour trouble et atteinte etc. en attendant le jugement par un tribunal. Ma nationalité française me sera enlevée, me permettant ainsi de bénéficier d’un vol charter vers mon pays d’origine, où personne ne me connaît.
Me voilà dans la rue, apatride. Après des dizaines d’années de labeur, dans ce pays qui m’avait, somme toute, si bien accueilli à l’époque, d’intégration, de souci constant à mieux faire, à vivre sans histoires, à me maintenir constamment au dessus du seuil de dignité que ma propre nature m’a imposé
Mais je comprends très bien que votre esprit de croisé vous porte sur un troisième front :
Le premier était orienté au sud, vers les dalles sales de certains quartiers qui exigeaient un nettoyage approprié.
Le second, vers l’est, où la menace bogomile pointe de nouveau à l’horizon, envahissant nos routes et abords, en étendant leur linge sur les clôtures de nos champs
Pourquoi pas un nouveau front vers l’ouest, vers cette Ibérie et ces latins du sud tout proche, coupables d’avoir été là quand vous en aviez besoin.
Au nord rien de nouveau, à moins que la Belgique se casse en deux et qu’une horde de ses sujets, emprunte l’Oise et s’installe dans les jardins de Versailles.
Vous seul, Monsieur le Président, êtes en mesure d’éclairer mes doutes, et la Justice
requiert par anticipation, vos lumières.
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les réactions des internautes à cet article
13 août 2010, 07:17 • lecteur31 • st sulpice sur lezeMerci pour cet article et pour ces démonstrations parfaitement étayées.Je pense toutefois que ces réflextions pleines de bon sens ne soient pas en phase avec la moralité de nos gouvernants actuels.En effet , leur seul souci semble etre le maintien au pouvoir coute que coute en utilisant les vielles recettes de l'insécurité et du "bouc émissaire"afin de cacher leur incompétence à traiter les vrais problèmes.On sait malheureusement comment finissent ces types de régimes...
19 août 2010, 23:08 • Ducoche • Maville
Henri de Carvalho vous avez le droit de délirer. Si comme vous en proposez l'hypothèse au demeurant peu vraisemblable, vous êtes le témoin d'une scène dans laquelle des policiers agissent mal de votre point de vue, vous n'avez pas à attaquer les dits policiers. La loi française dit que personne ne peut se faire justice "soi même". Donc si vous allez taper ce policier vous êtes dans votre tort. Désolé mais c'est comme ça. Je ne suis pas sur que dans le pays où vous êtes né ce soit différent. Alors arrêtez vos élucubrations. Notre pays ne pouvant pas accueillir toute la misère du monde, a parfaitement le droit de commencer par rejeter ceux qui ne respectent pas les lois ou s'attaquent à ceux qui ont la charge de les faire respecter. Tout le reste est du mauvais procès. Désolé mon vieux....
20 août 2010, 15:36 • lecteur31 • st sulpice sur leze
Voila effectivement le ,résultat de la politique menée par nos dirigeants actuels pour semer la discorde: la police, au service du pouvoir , est inattaquable dans ses excès ,les personnes "nées à l'extérieur de la France "n'ont le droit que de se taire ou de quitter le pays...Esperons qu'il existe encore une majorité de citoyens qui sauront comme dans le passé retrouver le bon sens de notre devise "Liberté , Egalité , Fraternité ...et tolérance



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