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07 février 2012, 19:30
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Little Big Festival.

lundi 19.07.10 - 14h59

auteur : Sabine Aussenac - Auch

Little Big Festival.





Bien sûr, d’aucuns trouvent que la « Kountry »-c’est comme ça qu’on dit, nous autres, dans le Gers !-, ce n’est pas bien « classe ». Ce serait même über beauf…Bien loin de l’ambiance des « Festayres » de Vic, ou des bobos branchés de Jazz in Marciac…

Bien sûr, en un sens, ils n’ont pas tort. A Mirande, dans le 32, les bouseux parlent aux bouseux, et si, au début, on s’étonne un peu de croiser de grands types en Stetson et tiags handicapés par un fort accent du terroir, peu à peu, on se laisse griser par cette ambiance Aubrac-city, et on perçoit tous les infimes cousinages entre les ploucs du fin fond de nos campagnes et les beaufs du Grand Ouest :

Même goût immodéré pour la boisson et le kitch, même rires gouailleurs…Oui, très vite, on comprend comment la greffe « kountry » a pris dans la paisible bourgade gersoise. Ici, on parle cajun et occitan. De La Fayette aux Cadets de Gascogne, il n’y a qu’un pas…

Pourtant moi, franchement, ce festival, je l’adore. Et je voudrais le dire haut et fort à tous les pisse-vinaigre qui ne le trouvent pas assez « branché », à tous ces néo-gersois qui se posent en gascons de toujours et reprennent le poncif habituel des « Oh, moi je ne vais qu’à la Salsa… » -traduisez : à Vic-Fezensac, où « Tempo Latino » draine les aficionados des rythmes chauds et des Mojitos, ou du « Je préfère nettement Marciac » -traduisez : « Moi, je ne lis que Télérama et j’écoute Delli Fiori sur Inter »…

Ils sont jaloux, c’est tout. Ils croient cracher sur le Grand Satan américain, alors que Mirande foisonne de gens tous simples, venus des quatre coins du globe, unis par la passion de la « Line Dance ». Et cette façon qu’a le Gersois lambda de snober cette manifestation, je la trouve indigne de notre tradition de l’accueil méridional.

Ce que j’aime, à la « Kountry », justement, ce sont les métissages ; il y a les vieux bikers tatoués, tout rouillés sous leurs cheveux attachés, presqu’exotiques devant leurs bécanes flambant neuves, qui côtoient les sempiternels stands d’indiens péruviens-oui, à Mirande, on a enterré la hache de guerre….Et au détour d’un effluve d’El Condor Passa, on plonge soudain dans la parade des belles Américaines, alors que retentissent déjà les premiers accords de Country roads.

Et puis la Line Dance, et toutes ces mamies fardées et chapeautées qui semblent avoir le diable au corps, sautillant dignement aux côtés de grands Custers dégingandés, tout décorés de turquoises, aussi burinés que doués en quadrilles : « Rien qui vaille la joie ! » (Sophocle.)

Bien sûr, je ne peux vous parler que du festival « off »-voir mon précédent article « Assignée à résidence ». Mais je m’en contente, en petite fille sage qui attend de grandir. Un jour, je le sais, j’aurai la permission de minuit, et je pourrai entendre Johnny Cash au son des grillons de Gascogne.


Sabine Dolly Aussenac.

www.sabineaussenac.com

 


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